Se libérer d'un traumatisme psychique grâce à l'hypnose.

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Devant tout événement à fort potentiel émotionnel, il convient de poser des questions en liens avec la reviviscence de l'événement : - faites-vous des cauchemars en lien avec cet événement ou à la suite de cet événement? - Lorsque vous vous remémorez cet événement avez-vous des images ou des flashs qui s'imposent à vous? - Ces flashs ou ces images sont-ils provoqués par une situation précise? - Avez-vous ces flashs lorsque vous êtes détendu(e)s, que votre vigilance diminue? 

La réponse positive à une de ces questions oriente fortement vers un traumatisme psychique. 

Vous avez subi un ou des événements traumatisants récents ou anciens dans votre vie.

Vous avez des souvenirs involontaires et envahissants qui s'imposent en vous.

Vous faites des cauchemars, des rêves perturbants et récurrents. Vous connaissez des difficultés pour vous endormir.

Vous ressentez des difficultés à vous concentrer.

Vous vous sentez incapable d'éprouver des émotions positives, de la joie, de la satisfaction, de l'affection.

Les émotions négatives vous dictent leur loi, vous avez peur, vous avez des accès de colère, vous éprouvez de la honte et/ou de la culpabilité.

Vous avez des conduites irréfléchies et/ou un comportement auto-destructeur (compulsion, auto-mutilation...).

Vous êtes en état d'hyper-vigilance permanent.

Vous fuyez tout ce qui pourrait vous rappeler l'événement traumatique (personnes, lieux, situations, activités...) afin d'éviter que cela ravive la douleur du souvenir du traumatisme.

Vous appréhender que l'événement puisse se reproduire. 

Si les symptômes persistent à un traitement ou sont si importants qu'il semble y avoir un retentissement émotionnel fort derrière, alors il est possible d'envisager un éventuel traumatisme psychique. 

 

La particularité du traumatisme psychique est qu'il s'installe pour la personne qui le vit à partir d'une confrontation à la mort, à sa propre mort, à la destruction de soi ou même d'un autre, que ce soit par une menace implicite et réelle de mort ou de destruction de l'intégrité physique et/ou psychique. 

Que ce soit par le sentiment progressif et destructeur de perdre sa propre valeur dans la violence quotidienne familiale ou conjugale, ou par la vision brutale de mort imminente lors d'un accident de la voie publique. Que ce soit dans les violences répétées ou uniques collectives, extérieures, institutionnelles ou intrafamiliales. Que ce soit lors d'un accident, de faits de guerre ou de catastrophes, les points communs de ces événements potentiellement traumatisants sont un sentiment réel de mort, de danger imminent et de recherche de comportements vers la survie. 

Ainsi, le traumatisme psychique est une catastrophe personnelle qui s'accompagne de la croyance que la vie s'est arrêtée. L'émotion en jeu, l'effroi, face à cette menace vitale induit un stress aigu majeur qui, s'il n'est pas adapté, dépassé et salutaire, sera alors débordé et deviendra chronique plaçant par là la personne en état de sidération, de stupéfaction, en état de grande souffrance, engendrant par la suite des symptômes névrotiques non spécifiques au stress et définissant la spécificité du traumatisme psychique. 

Toute personne tend à fuir la souffrance et à rechercher le plaisir. 

Aussi la dynamique de la pathologie du traumatisme psychique a ce formidable paradoxe qui consiste à mettre en place des mécanismes de défenses pour mettre à distance le souvenir effroyable de l'événement traumatique et donc la souffrance, alors même que la personne traumatisée portera en elle un élan inconscient vers cette souffrance pour la combattre et l'éliminer. Ainsi, l'émotion reste bloquée et toujours en présence. 

Les mécanismes de défenses, les blocages des fonctions du moi, les résistances ancrées dans des croyances misent en place inconsciemment par la personne victime d'un psychotraumatisme répondent parfaitement d'une prise en charge par l'hypnose. La dissociation permanente dans laquelle s'est enfermée la personne traumatisée, où elle est ici et en même temps ailleurs, dans un temps qui passe et un temps qui ne passe pas (celui du traumatisme), participe à faciliter la mise en état élargi de conscience de l'individu. L'hypnothérapeute accompagne la personne afin qu'elle puisse effectuer en toute sécurité une décharge émotionnelle qui dans certain cas peut être intense. 

Le traumatisme psychique peut facilement passer inaperçu pour un médecin, un soignant ou un thérapeute au profit d'une prise en charge isolée d'un ou de plusieurs de ses symptôme(s), laissant la personne venue chercher de l'aide dans son état de souffrance. 

Apport de l'hypnose. 

 

L'hypnose est efficace quelque soit l'ancienneté du traumatisme. 

Dans le cas des traumatismes psychiques, la personne s'enferme dans une souffrance par un mode de fonctionnement en boucle. Passive, elle subit les événements et n'entrevoit pas d'issue à sa situation. La stratégie de l'hypnose est de remettre de la fluidité dans un mode de pensée enclavé en permettant à la personne de concevoir autrement l'événement et de redonner du sens vital grâce aux métaphores, suggestions et différentes techniques hypnotiques. 

I. La dissociation. 

« La dissociation est un fonctionnement psychique naturel. Notre conscience fluctue en permanence autour d'un certain degré de dissociation. L'état de rêverie en est un exemple : la personne se déconnecte de ce qui l'entoure pour s'absorber dans ses pensées, mais elle reste, dans une certaine mesure, présente à son environnement », ( Guérir d'un traumatisme psychique, Christian Cheveau, p.162). 

L'hypnose et les psychopathologies liées au stress ont ce point en commun, la dissociation. L'intrusion violente et inattendue de l'événement traumatique porte en elle une grande force d'induction. En effet, l'événement traumatisant provoque chez la personne une modification instantanée de son état de conscience avec l'installation d'une dissociation où la personne est à la fois spectatrice de l'horreur (émotion d'effroi = mise à distance = protection, la pensée est comme figée et le corps paralysé) et actrice de son vécu. La personne en état de sidération ne réagit plus. Elle est comme scindée entre un temps qui passe (celui de la réalité) et un temps qui ne passe pas et/ou qui se répète (le temps du traumatisme). En effet, la personne traumatisée, revit le traumatisme par le syndrome intrusif : pensées, sensations, images intrusives, forcées à la conscience, répétitives et envahissantes. La personne croit que l'événement peut se renouveler à tout moment. Les intrusions se manifestent comme des façons qu'aurait l'inconscient d'habituer le psychisme progressivement à la situation vécue comme innommable. Et c'est sans compter le syndrome d'évitement qui s'oppose à cette voie. 

Dans 70% des cas (source Institut de Victimologie), l'impact traumatique se manifeste par une réaction de détresse et/ou un état de dissociation qui est un état de conscience modifiée destiné à soustraire la personne de l'horreur qu'elle vit. La dissociation est alors un mode de défense contre les intrusions psychotraumatiques pour éviter les phénomènes de reviviscence anxieuse et participeraient alors par là de concours avec l'évitement contre le rétablissement de l'économie psychique de la personne pour éviter la souffrance. 

Selon Roger Fiametti : « L'individu fera tout ce qui est possible pour éviter cette souffrance, mais inconsciemment il va diriger et organiser sa vie , son comportement pour stimuler et réveiller la souffrance qui est en lui pour la combattre et l'éliminer », (Le langage émotionnel du corps, p.66). 

 

La dissociation s'opère lorsque la personne traumatisée psychiquement est confrontée à des situations ou des stimuli sensoriels rappelant ou symbolisant l'événement traumatique. 

Le traumatisme psychique correspond à la persistance de l'état dissocié. 

D'autre part, certains troubles des conduites tels que les addictions, les conduites à risque et/ou les conduites déviantes sont un moyen de mettre en place une dissociation d'anesthésie émotionnelle. 

II. Le cerveau émotionnel. 

« Les émotions refoulées, les traumatismes vécus dans le passé et qui vont conditionner l'hippocampe, l'amygdale, le cortex et autres éléments du cerveau émotionnel seront déterminants quant au profil psycho-émotionnel de l'individu. Il va se construire autour de ce profil et n'aura de cesse de vouloir corriger les failles du passé »,

Roger Fiametti. 

L'hypnose est une thérapie efficace dans la libération des émotions. Elle permet au patient de retrouver l'accès à ses propres ressources, parfois insoupçonnées. De vivre une expérience d'intériorité favorisant la relation à soi pour vivre pleinement l'instant présent. Elle favorise l'empathie qui permet au thérapeute d'être au plus proche du ressenti du patient pour l'accompagner dans le cheminement de son vécu émotionnel. L'hypnose permet une réappropriation du vécu traumatique de la personne sans déclencher des réactions émotionnelles intenses voire insupportables (mise en place d'un temps d'abréaction, de fusibles et safe place pendant l'anamnèse et la séance). 

III. La catharsis. 

« Purgation des passions » pour Aristote par les mélodies, mise en scène à travers les différentes tragédies anciennes et classiques, la catharsis est la purification des émotions. 

En 1895, dans Etudes sur l'hystérie, Joseph Breuer et Sigmund Freud, reprennent le terme de catharsis pour désigner une méthode d'hypnose où la reviviscence d'une situation traumatique libèrerait l'affect passé/l'émotion refoulée en restituant de ce fait à l'individu la mobilité de ses passions. Ainsi, le patient lors de la séance d'hypnose se remémorait un événement traumatique passé puis le revivait et le dépassait par conscientisation.

« Elle repose sur l'abréaction des affects liés au traumatisme, c'est-à-dire la décharge émotionnelle qui accompagne la prise de conscience. La catharsis est ainsi le processus, parfois émotionnellement violent, au travers duquel le sujet se libère du refoulement. La catharsis est le premier pas nécessaire d'une mise à distance, ou d'une objectivation du trauma qui peut aboutir à un véritable processus de perlaboration de l'événement, c'est-à-dire son intégration, par les moyens du langage, dans l'histoire du sujet ». 

IV. L'abréaction. 

L'abréaction est donc la décharge émotionnelle permettant à la personne traumatisée de se libérer de l'affect lié à l'événement traumatisant, de « désenkyster » les charges émotionnelles négatives et qui tendent vers le pathogène ou le morbide. Selon Freud, l'homme trouve un substitut à l'acte dans le langage grâce aux associations libres. Ainsi, faire verbaliser le patient permettrait de placer l'événement traumatique dans un système symbolique du langage dans le but de produire chez lui la capacité de regarder son traumatisme en face. Du point de vue psychanalytique, l'abréaction est donc la décharge émotionnelle accompagnant l'apparition d'un affect refoulé car pénible dans le champs de la conscience. 

En hypnose, la décharge émotionnelle s'effectue de façon incongrue pendant ou après la séance. Je me suis moi-même retrouvée en pleurs (sans raison apparente) en plein supermarché une heure après une séance d'hypnose. Cependant, si le patient, par exemple, pleure ou rit parce qu'il lui a été demandé lors de la séance alors c'est de la suggestion, et non une abréaction. 

De ce fait, il est important que le thérapeute cadre bien sa séance de l'anamnèse jusqu'au debriefing avec le patient afin d'éviter une montée intense et pénible des émotions qui pourrait créer un renforcement des mécanismes de défense et des résistances, et par conséquent de la souffrance du patient. La mise en place de fusibles adaptés au vécu de la personne est nécessaire. 

Si le thérapeute choisit de faire revivre l'événement traumatisant sous hypnose au patient, il mettra alors un « sas de décompression » où le patient pourra se dissocier de la situation traumatisante. Le positionnement du thérapeute est déterminante et il fait preuve de congruence vis à vis du patient. 

 

Ainsi, l'abréaction demande au thérapeute de prendre le temps d'accompagner la personne à son rythme afin qu'elle puisse décharger ses émotions, trouver ses solutions dans ses propres ressources dans un cadre bienveillant et sécurisant. 

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Virginie Le Corre

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